____« — Mon père, je me roule dans la fange. Mon père, je dis des obscénités. Un débauché. Un faiseur de grimaces. Des cabrioles de bouc. Des sauts de truite. Des grognements de truie. Mon père, je ne suis qu'un comique plein de cognac et de bière, de caribou. Pouah! Mon père, je descends dans un trou noir. Je deviens aveugle. Mon père, vous êtes un grand arbre mort. Avec beaucoup de branches mortes. — C'est pour mieux te pendre, mon enfant. — Mon père, je passe tout de suite, dans le noeud coulant, ma tête d'idiot._____Antoine se traîne à genoux sur le plancher. Il tente de se relever. Tient à répéter sa confession, face au petit morceau de miroir, accroché au mur, au-dessus de la commode._____— Je veux voir ma tête d'idiot dans la glace! » - Anne Hébert

La parade des addictions nouvelles
du ventre qui grogne
jusque dans les doigts
émus

Pleurer la minute qui meurt
pleurer la minute qui agonise
en se tenant les côtes

Pleurer la minute qui meurt pour mieux accueillir la prochaine
Lui faire une fête débauchée — débauchée-dépravée-joyeuse-paillarde
lui faire la fête et alors l'aimer
tranquille

My only still life par animalritual
____« — Mon père, je me roule dans la fange. Mon père, je dis des obscénités. Un débauché. Un faiseur de grimaces. Des cabrioles de bouc. Des sauts de truite. Des grognements de truie. Mon père, je ne suis qu'un comique plein de cognac et de bière, de caribou. Pouah! Mon père, je descends dans un trou noir. Je deviens aveugle. Mon père, vous êtes un grand arbre mort. Avec beaucoup de branches mortes. — C'est pour mieux te pendre, mon enfant. — Mon père, je passe tout de suite, dans le noeud coulant, ma tête d'idiot._____Antoine se traîne à genoux sur le plancher. Il tente de se relever. Tient à répéter sa confession, face au petit morceau de miroir, accroché au mur, au-dessus de la commode._____— Je veux voir ma tête d'idiot dans la glace! » - Anne Hébert

# Posté le samedi 22 août 2009 21:21

Modifié le dimanche 23 août 2009 20:00

____« Je vis un grand papillon brun, un sphynx crépusculaire qui vibrait, s'efforçant de pénétrer dans la profondeur trompeuse du miroir. Je me précipitai sur lui, la main tendue, en pressentant déjà sous la paume le chatouillement de ses ailes veloutées... C'est là que je me rendis compte de la taille inhabituelle de ce papillon. Je m'approchai et ne pus retenir un cri :_____— Mais ils sont deux! Ce sont des siamois!_____En effet les deux papillons semblaient attachés l'un à l'autre. Et leurs corps étaient animés de palpitations fébriles. À ma surprise, ce double sphynx ne me prêtait aucune attention et n'essayait pas de se sauver. [...] Je suivis du regard le vol du sphynx relâché - dans le ciel, il se divisa en deux papillons et je compris, comme peut le comprendre un enfant de dix ans, le pourquoi de cette union. Le désarroi de ma grand-mère me paraissait maintenant logique. » - Andreï Makine

____« Je vis un grand papillon brun, un sphynx crépusculaire qui vibrait, s'efforçant de pénétrer dans la profondeur trompeuse du miroir. Je me précipitai sur lui, la main tendue, en pressentant déjà sous la paume le chatouillement de ses ailes veloutées... C'est là que je me rendis compte de la taille inhabituelle de ce papillon. Je m'approchai et ne pus retenir un cri :_____— Mais ils sont deux! Ce sont des siamois!_____En effet les deux papillons semblaient attachés l'un à l'autre. Et leurs corps étaient animés de palpitations fébriles. À ma surprise, ce double sphynx ne me prêtait aucune attention et n'essayait pas de se sauver. [...] Je suivis du regard le vol du sphynx relâché - dans le ciel, il se divisa en deux papillons et je compris, comme peut le comprendre un enfant de dix ans, le pourquoi de cette union. Le désarroi de ma grand-mère me paraissait maintenant logique. » - Andreï Makine
_


S'agiter les émois
se sursauter les courbes
avant de se savoir

Me mesurer au ciel, au ridicule des grands soupirs
m'allonger dans mes mémoires creuses
t'y couler avec moi

Je me rescape toute seule
me sauve la peau
m'astique l'amour détricotté
mastique la lassitude en pelures

ça tombe en friche
ça prend son temps

ça m'envole en parades
jusqu'à toi

Clawtronica par humMachine

# Posté le vendredi 31 juillet 2009 14:54

Modifié le samedi 22 août 2009 21:23

« J'ai cassé toutes mes statues Ma table est rase et mon ardoise nue Éveillez-nous du long sommeil Traînez nos corps à travers le soleeeeeil » - Pierre Flynn

« J'ai cassé toutes mes statues Ma table est rase et mon ardoise nue Éveillez-nous du long sommeil Traînez nos corps à travers le soleeeeeil »   - Pierre Flynn
___________Ne plus appartenir (trouver comment)
___________faire face à la musique
___________et me saouler au temps
___________qui court


Indolence par Pierre Bonnard

# Posté le jeudi 16 juillet 2009 01:18

Modifié le mardi 28 juillet 2009 03:54

« Une préface au kama-sutra Un fauteuil vide au cinéma Un paquet de clopes pas d'allumettes Comme un myope sans ses lunettes » - André Vanderbiest

« Une préface au kama-sutra  Un fauteuil vide au cinéma Un paquet de clopes pas d'allumettes Comme un myope sans ses lunettes » - André Vanderbiest
Je nous ai transgressés

désolés

mangé
la laine sur le dos

la ouate dans le cou

l'amour au bord du nez

et tout le reste qui tremblait.


Ah! regretter la douceur de ton visage rond,

la rondeur de nous en araignée

les pieds-de-nez aux cyniques.
Collés, collés


Ah! t'écrire un semblant de chanson

triste mais sereine

parce qu'y faut bien
tenir le fort en attendant

J'attends

J'ai peur pour l'Amour.


Hunt par humMachine

# Posté le vendredi 26 juin 2009 10:42

Modifié le mercredi 15 juillet 2009 23:45

« Et comme la foudre Embrase mes racines Une douleur s'installe à son tour » - Mara Tremblay

« Et comme la foudre  Embrase mes racines  Une douleur s'installe à son tour » - Mara Tremblay
Il y a déjà des mois
Il n'est ni vieux ni jeune ni retors ni sale, enfin oui mais si peu. Je ne le connais pas. Et il traque mes paupières qui fuient comme des oiseaux de malheur surpris à se faire l'amour, et que papillonnent mes narines timides, avec le vent fébrile des huis clos qui se fait rare-rare-rare...

- T'es trop belle, toi.
Un temps.
- Pardon?
- T'es trop belle, toi. 'Scuse...
- C'est beau, c'est gentil...
- Inquiète-toi pas, je descends au prochain arrêt...
- Non, je suis pas inquiète, je suis pas inquiète, je suis pas inquiète pas inquiète pas inquiète,
pas inquiète pantoute, bout d'CRISS!










Assez, plein le derrière, plein la marre, marre de vous voir contracter vos angoisses au moindre représentant de l'espèce. 'Savez, le monde, ça parle, ça pue, ça pleure, ça crie, ça fume, ça bande, ça débande, ça s'attendrit, ça aime, ça pleure encore, ça rit beaucoup trop fort. C'est affreusement agaçant, mais ça sent aussi, parfois, le besoin d'une caresse de l'oeil qui cligne, d'un « tu n'es pas tout seul ». Tu n'es pas tout seul. Une supplication : enjambez vos clôtures, amis humains. Assassinez vos mille Murs de Berlin, et serrez-vous la main, le coude, l'oreille... Mais de grâce, parlez-vous.

Zwarte Gaten par maartend

# Posté le lundi 25 mai 2009 23:56

Modifié le mardi 02 juin 2009 00:15